Observations sur Atypus affinis (Mygalomorphae, Atypidae) Eichwald, 1830 dans le département de la Creuse.

 

Etant de passage dans la Creuse (première semaine d'août), je décidai d'entreprendre des recherches sur le terrain afin de d'observer si Atypus affinis était présent dans le département. Les nombreuses forêts sablonneuses me laissaient penser qu'il était possible de trouver cette Mygale dans la région. Néanmoins, comme le substrat était granitique et non pas acide, comme dans les différentes zones de prospections étudiées précédemment dans la région Lorraine, je ne savais pas si j'allais être capable de retrouver ces araignées sur ce type particulier de sol.
Mes recherches se sont faites dans un périmètres d'environ 15 km autour de Guéret. J'ai défini 3 zones de prospections en fonction du type de forêt ou de l'altitude :
-1ère zone de prospection : située sur un remblais de type sablonneux tapissé essentiellement de mousses en bord de route à la lisière d'une chênaie exclusive (altitude: 380 mètres). Mes recherches se sont portées sur une longueur de 50 mètres. J'ai pu trouver 3 chaussettes d'Atypus : 2 d'entre elles étaient situées à mi-hauteur du remblais, et l'autre était au sommet du remblais. Les 3 toiles étaient bien encrées dans le tapis de mousse et leur partie externe pendait vers le bas dépassant de 5 à 5,5 cm. Après extraction des 3 tubes de soie, j'ai pu retrouver 2 individus femelles et une exuvie, retrouvée dans une chaussette très desséchée dans sa partie externe et qui semblait avoir été abandonnée.

Tableau récapitulatif :

  Longueur du tube de soie (en cm)

 Taille de l'araignée (en mm, chélicères compris)

 Particularités de l'araignée

 13,5

 21

 Comportement vivace, filières très développées, individu femelle.

 19,8

 18

 Comportement passif, individu femelle.

 12,6

 Pas d'individu retrouvé

  /

-2ème zone de prospection : située également sur un remblais de type sablonneux tapissé essentiellement de mousses en bord d'une route située dans une châtaigneraie-sapinière (altitude: 440 mètres). La longueur de la zone de prospection était de 200 mètres. La tapis de mousse était très développé et très épais ce qui rendaient les recherches plus compliquées. Je n'ai pu trouvé ici qu'une seule chaussette d'Atypus, dont la partie externe faisait 5 cm et dont la longueur totale était de 18 cm. Un individu femelle de 15 mm de long a pu être extrait du tube de soie. Il est probable qu'une plus grande quantité d'individus peuplait la zone de prospection mais le couvert végétale très développé et les conditions météorologiques (averses) ont rendu les recherches difficiles.

-3ème zone de prospection : situé sur le Maupuy (altitude: 683 mètres) au Sud-Ouest de Guéret. J'ai prospecté ici différentes zones sur des pentes recouvertes de mousses à des altitudes comprises entre 500 et 600 mètres. Je n'ai pu trouvé aucunes chaussettes d'Atypus et aucun individu. Il est possible que l'absence de Mygale dans cette zone soit à mettre en relation avec l'altitude, puisque le substrat était identique à celui des 2 autres zones prospectées ainsi que les conditions hygrométriques.

Les trois Mygales recueillies lors des recherches ont ensuite été placées en conditions d'élevage dans un bocal rempli à 1/3 de terre récupérée sur le premier site. Les 3 araignées creusent alors dès le premier jour une nouvelle chaussette après avoir recherchée une zone favorable, toujours au bord du bocal. Un des trois Atypus a mué dès la première nuit, présentant ensuite un céphalothorax parfaitement blanc. Néanmoins, les conditions d'élevage n'ont pas semblé lui convenir puisqu'il n'a jamais repris une activité normal et est mort deux semaines plus tard. Les deux autres individus ont reconstruit une chaussette de soie entière en quelques jours et sont nourris avec des grillons des bois adaptés à leur taille.

Atypus affinis est donc présent dans le département de la Creuse, sur un substrat granitique et sablonneux couvert de mousses. Il semble néanmoins que cette araignées ne soit pas présente à des altitudes supérieur à 500 mètres dans la régions de Guéret. Il serait préférable d'effectuer de nouvelles recherches pour confirmer cette hypothèse.

Ces observations, écrites par Jean-Marc Birat, sont tirées de l'article du même nom publié dans le n°53 d'"Arachnides" (2ème trimestre 2002).


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